Ne gâche pas tes obsessions
🌊 Vague rédigée sans IA en 89 minutes depuis un petit village basque entre montagnes et océan~
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Faut que je me rende à l'évidence :
Ma page « À regarder plus tard » sur YouTube est devenue un bordel absolu.
- Des reviews de caméra
- Des tutos "cinématique shotlist au trépied"
- Des mini-films sur l'art du "solo filmmaking"
Des vidéos de créateurs qui arrivent à transformer une rue banale, 3 néons et un mouvement de caméra en un truc qui me pète le crâne.
(sans parler de ceux qui te font voyager en restant derrière ton ordi ; sans déconner jette un coup d'œil à ce mec)
Bref, depuis que j'ai enfin fait l'acquisition de mon ZV-1, j'ai rouvert une brèche vieille de 16 ans.

Et maintenant, tout y passe.
- Je marche dans la rue en regardant les ombres sur les visages
- Je remarque la façon dont une lumière traverse une fenêtre
- Je regarde un film en essayant de comprendre pourquoi ce plan me donne une sensation particulière
- Je passe 100 % de mon temps de pause sur YouTube caméra à la main
Je pense cadrage, couleur, rythme et j'ai envie de passer mes journées à tester, rater et recommencer.
Le plus étrange dans tout ça, c'est que je n'ai besoin d'aucune stratégie d'organisation pour y arriver.
Je n'ai pas besoin de bloquer une session dans mon agenda.
Je n'ai pas besoin de lancer une compilation d'Hormozi sur du métal pour me chauffer.
Je n'ai même pas vraiment besoin de décider.
Je suis juste entièrement et irrésistiblement absorbé par le sujet.
Cette sensation m'a rappelé quelque chose (de pas si nouveau) sur la façon dont je fonctionne.
Dans cette vague, on va parler de 3 états bien distincts que l'on expérimente tous face à une tâche et de comment faire levier sur le "carburant gratuit" du créateur.
Toute ma vie, je suis entré et sorti de boucles d'obsession.
- La batterie
- Le surf
- Le sport
- La photo
- Le Japon
- La mode
- La basse
- Le tatouage
- La mécanique
- La guitare
- Les jeux vidéo
- L'arabe
- La nutrition
- La littérature
- Les arts martiaux
- La productivité
- La psychologie
- Les systèmes
- L'IA
(et certainement plusieurs autres que j'oublie)
(je n'ai d'ailleurs pas arrêté d'allonger cette liste pendant toute l'écriture de la vague)
Puis maintenant, la création visuelle.
À chaque fois, le même pattern surgit :
- Un sujet attrape mon attention
- Il résonne avec moi à un niveau si existentiel que j'ai besoin de tout savoir dessus
- Je commence à tirer sur le fil
- Puis le fil devient une corde qui me tracte pendant des semaines, des mois ou parfois des années
- Jusqu'au jour où l'intensité redescend
Pendant longtemps, j'ai cru que ces cycles révélaient une forme de dispersion.
Jusqu'au jour où j'ai eu suffisamment de recul pour réaliser que le narratif ne collait pas.
Il n'y a rien de linéaire dans l'obsession.
Ce n'est pas "j'adore ce sujet puis je m'en fous et je passe à autre chose".
Les obsessions sont cycliques.
Il y a un cœur, un noyau, un ADN qui sert de fil conducteur à toutes nos obsessions.
Si on regarde sur une timeline suffisamment étirée, une cohérence émerge.
Pour moi, c'est la fascination que je cultive pour le potentiel humain et la beauté de ce que les humains créent quand ils vibrent en alignement total avec leur essence fondamentale.
Ce noyau peut prendre de multiples formes autour desquelles je ne cesse de graviter.
Mais on y reviendra d'ici quelques lignes.
Pour le moment, commençons par comprendre la différence fondamentale entre 3 états que tout être humain traverse face à une tâche.
Ça va être capital pour la suite.
Il existe 3 états distincts face à une tâche :
On mélange souvent discipline, motivation et obsession.
Ça paraît logique puisque les 3 produisent le même résultat visible en soi :
La chose est faite.
Mais si on observe de l'intérieur, leur coût n'a rien à voir.
La différence se joue dans le rapport à la friction.
Regardons ça de plus près.
1/ La discipline accepte la friction
Tu ne veux pas faire la chose mais tu la fais quand même.
Tu t'appuies sur :
- Tes routines
- Ton environnement
- Tes systèmes
- Tes habitudes
- Ta volonté
La résistance est toujours là mais tu décides simplement de payer le prix pour la traverser.
La discipline est fiable parce qu'elle dépend largement de toi.
En contrepartie, elle coûte cher.
- Elle brûle de l'énergie
- Elle exige une négociation intérieure
- Elle te demande de pousser quand tout en toi préférerait rester immobile
Ça fonctionne, mais ça frotte.
Vient alors la motivation.
2/ La motivation réduit la friction
Tu veux faire la chose, donc l'effort devient plus léger.
- La nouveauté t'excite
- Le résultat te donne envie
- Ton humeur, ton identité ou les gens autour de toi rendent l'action plus attirante
Tu dois encore pousser mais... moins fort.
Le problème de la motivation, c'est qu'elle dépend trop de ton état pour devenir une fondation solide.
Quand ton énergie baisse, elle baisse avec elle.
Quand l'excitation disparaît, la friction reprend sa place.
Tu peux essayer de la fabriquer avec des objectifs, des visualisations, une communauté ou des petites victoires.
Parfois ça marche.
Parfois ton cerveau te répond d'aller te faire cuire un bon œuf avec du ghee.
Ça dépend.
Vient alors l'obsession.
3/ L'obsession inverse la friction
Là, le mouvement change complètement.
Tu n'as plus besoin de te pousser vers le travail, le travail te tire vers lui.
Tu ne peux pas ne pas faire la chose.
Tu peux tenter de passer à autre chose mais ton esprit y revient.
Encore. Et encore. Et encore.
L'obsession ressemble à une motivation devenue hantise.
Elle te suit partout et refuse de se taire.
Quand elle vise la politique, le p*rno, un ex toxique ou n'importe quelle boucle destructrice, elle peut évidemment ravager une vie.
Mais quand elle s'accroche à une pratique qui t'élève, te construit ou t'aide à devenir la personne que tu aspires à être ?
Le rapport coût/résultat devient indécent.
- Tu accumules les répétitions sans négocier
- Tu absorbes les informations sans te forcer
- Tu reviens au problème même quand personne ne regarde
Vu de l'extérieur, tu produis un volume de travail qui ressemble à une discipline surhumaine.
Vu de l'intérieur, tu as surtout du mal à faire autre chose.
(je pense que beaucoup de projets d'ultra-learning sont fueled par l'obsession)
Retiens donc ça :
- Discipline : accepte la friction
- Motivation : réduit la friction
- Obsession : inverse la friction
La plupart des gens gaspillent leurs obsessions.
Et c'est pas étonnant :
On nous a conditionnés à le faire.
Si on prend une altitude sociétale, on peut facilement percevoir à quel point ces 3 états sont traités différemment.
La discipline est valorisée.
La motivation est recherchée.
L'obsession, elle, met mal à l'aise.
Elle paraît excessive, déséquilibrée et, finalement, pas très respectable.
Quand elle apparaît, on tente donc de la calmer.
- On cherche à revenir vers une vie plus "équilibrée" (nourrie par une vision erronée de ce qu'est l'équilibre)
- On s'excuse d'en parler tout le temps
- On se force à ralentir alors que notre esprit nous supplie d'accélérer
Et je suis pas exempt de tout ça.
Je cultive moi-même un rapport ambivalent à l'obsession.
Je ne peux pas m'empêcher d'être mal à l'aise quand cette force m'absorbe.
Comme une sensation de courir à ma perte dans un élan destructeur.
Pourtant, plus le temps passe, plus je pense qu'on fait une énorme erreur à essayer de calmer l'obsession.
L'obsession n'est pas un trait de personnalité mais un état transitoire.
Tu ne peux pas la commander.
Tu ne peux pas ouvrir ton agenda mardi prochain à 14H et écrire :
« Devenir obsédé par ce sujet. »
Elle apparaît quand la curiosité, le sens, l'identité et la récompense s'alignent de la bonne façon.
Puis un jour, elle repart sans prévenir.
Impossible de savoir exactement quand.
Impossible de garantir son retour.
Vouloir immédiatement modérer une obsession positive quand elle se présente revient à refuser du carburant gratuit au moment précis où ton réservoir se remplit.
Profite de la marée pendant qu'elle monte.
Travaille, explore, accumule les répétitions, suis les questions qui t'empêchent de dormir.
Évidemment pas jusqu'à fracasser ta santé, tes relations ou tout le reste de ton Archipel Existentiel.
Mais suffisamment loin pour que quelque chose d'important subsiste quand la marée redescendra.
Vient maintenant l'erreur fatale que tout humain fait intuitivement :
Penser qu'une obsession passée n'a été qu'une perte de temps.
Il n'y a rien de plus faux.
Chaque fois que je suis sorti d'une boucle d'obsession, j'en suis ressorti plus riche qu'en y entrant.
Même lorsque l'intensité avait disparu.
Comme si elle libérait un "résidu de compétence" qui me servira toute ma vie.
Une obsession n'est jamais inutile.
Même après son départ, elle nous laisse une compétence, une sensibilité, un modèle mental, une nouvelle manière de regarder le monde.
L'obsession disparaît mais ses gains se fossilisent.
Ils se sédimentent au plus proche de toi.
Et quelque chose que tu as appris il y a 10 ans pour une raison complètement différente finit parfois par devenir exactement ce dont tu as besoin aujourd'hui.
Ken Wilber parle de « transcender et inclure ».
L'idée qu'en évoluant, on ne laisse pas simplement derrière nous ce qu'on était :
On l'intègre dans quelque chose de plus grand.
Je crois que mes obsessions fonctionnent comme ça.
La création visuelle ne m'apprend pas seulement à prendre des photos/vidéos.
Elle développe mon œil pour la composition, la lumière, les couleurs et la beauté.
- La batterie ne m'apprend pas seulement à jouer de la batterie ; elle développe mon rapport au rythme
- L'arabe ne m'apprend pas seulement une langue ; il m'expose à une autre structure de pensée, une autre culture et une autre manière de voir le monde
- La psychologie ne m'apprend pas seulement des théories ; elle change ma manière de comprendre les humains
- Les systèmes ne m'apprennent pas seulement à être plus organisé ; ils m'apprennent à chercher les relations invisibles entre les choses
Chacune de nos obsessions augmente la résolution avec laquelle nous percevons une partie du réel.
Puis, avec le temps, ces différentes manières de voir commencent à se connecter entre elles.
Elles se mélangent, se nourrissent et deviennent impossibles à séparer jusqu'à former quelque chose de beaucoup plus difficile à définir :
Notre perspective.
Notre manière de voir le monde.
Je me dis qu'une partie de ce qu'on appelle « discipline » aujourd'hui n'est peut-être que le résidu d'une obsession passée.
Le mec qui s'entraîne depuis 15 ans n'est pas forcément en train de gagner une guerre mentale chaque matin.
Il a peut-être été tellement obsédé par la musculation à 20 ans que cette pratique s'est soudée à son identité.
Il ne se dit plus :
« Il faut que j'aille à la salle. »
Il est simplement devenu un mec qui s'entraîne.
Ses anciennes répétitions ont posé les rails de son comportement futur.
L'obsession a fait le plus gros du taff.
L'identité continue juste de porter le mouvement.
Notre vie se construit par sédimentation.
Je crois qu'on imagine trop souvent l'identité comme un projet linéaire :
- Tu choisis qui tu veux devenir
- Tu répètes les bonnes habitudes
- Tu avances proprement vers cette version de toi
Dans ma vie, ça ressemble beaucoup plus à une succession de plongées :
- Je tombe dans un univers
- Je l'explore avec une intensité presque ridicule
- J'en ressors avec des morceaux collés à la peau
Puis je plonge ailleurs.
À force, les couches s'accumulent.
Le batteur nourrit le créateur.
Le sportif nourrit l'entrepreneur.
Le psychologue nourrit le coach.
Le systémicien nourrit le bâtisseur.
Et demain, le filmmaker nourrira peut-être toutes les autres versions.
C'est peut-être même de là que naît la véritable singularité :
Personne d'autre n'a exactement la même sédimentation.
La même succession d'obsessions.
La même combinaison de compétences, de sensibilités et de modèles mentaux.
Ton identité devient l'archive vivante de tout ce qui t'a un jour possédé.
Et si cette idée me fait tellement kiffer, c'est parce qu'elle rappelle qu'une obsession n'a pas besoin de durer toute une vie pour avoir de la valeur.
Elle a simplement besoin de durer assez longtemps pour te transformer.
Alors si quelque chose t'obsède en ce moment...
Demande-toi d'abord si cette obsession te construit ou te détruit.
- Si elle te détruit, crée de la distance avant qu'elle décide à ta place
- Si elle te construit, arrête peut-être de chercher immédiatement à la rendre raisonnable
Laisse-la prendre un peu plus de place.
Donne-lui un projet concret sur lequel construire pendant que l'énergie est gratuite.
Transforme cette attraction en :
- Répétitions
- Compétences
- Systèmes
- Œuvres
- Identité
Quand l'obsession te quittera, elle t'aura un peu plus approché de qui tu veux vraiment être.
Parce qu'au final, si nos obsessions ne sont pas les messages de notre DAÏMON™ nous guidant là où on est censé aller, je ne sais pas ce qu'elles sont.
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𝐓𝐮 𝐚𝐬 𝐚𝐢𝐦𝐞́ 𝐜𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐭 ? 𝐉'𝐞𝐧 𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐬 𝟑/𝐬𝐞𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐦𝐚 𝐧𝐞𝐰𝐬𝐥𝐞𝐭𝐭𝐞𝐫.
𝐂𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐢𝐜𝐢 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐣𝐨𝐢𝐧𝐝𝐫𝐞 (& 𝐫𝐞𝐜̧𝐨𝐢𝐭 𝐭𝐨𝐧 𝐊𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐏𝐞𝐫𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐨𝐟𝐟𝐞𝐫𝐭)
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𝐓𝐮 𝐚𝐬 𝐚𝐢𝐦𝐞́ 𝐜𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐭 ? 𝐉'𝐞𝐧 𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐬 𝟑/𝐬𝐞𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐦𝐚 𝐧𝐞𝐰𝐬𝐥𝐞𝐭𝐭𝐞𝐫.
𝐂𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐢𝐜𝐢 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐣𝐨𝐢𝐧𝐝𝐫𝐞 (& 𝐫𝐞𝐜̧𝐨𝐢𝐭 𝐭𝐨𝐧 𝐊𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐏𝐞𝐫𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐨𝐟𝐟𝐞𝐫𝐭)