Pose-toi cette question ce matin
Dimanche, j’ai regardé Monsieur Aznavour sur Netflix.
Comme tu peux t’y attendre, le documentaire retrace la vie d’un grand nom de la chanson française :
Charles Aznavour.
Ce qui m’a le plus marqué dans ce film ?
C’est la remarque que ma copine m’a faite vers la fin :
« Purée, mais c'est quoi cette vie ? »
Puis après quelques secondes de silence…
« Je pense que parfois, le secret du bonheur, c'est une vie paisible. »
Si elle m’a tant marquée, c’est parce que cette remarque est symptomatique de l’observation que tout le monde peut se faire au visionnage de ce biopic :
Charles Aznavour semble avoir passé sa vie dans le Purgatoire de l’Insuffisance.
Et si je peux le déduire avec une certaine certitude, c’est parce que j’ai passé ma vie à cartographier ce lieu mental dans lequel vivent presque tous les high performers de ce monde…
(ça fait 33 ans que j’y habite)
Amy Chua, chercheuse qui a passé sa carrière à étudier les points communs des personnes les plus successful au monde, a découvert un truc contre-intuitif.
Ces personnes partagent toutes 3 traits.
Et le 2ème trait — celui qui m'obsède — c'est ça l’insécurité maladive de ne pas être assez.
- Quoiqu'elles fassent
- Quoiqu'elles bâtissent
- Quoiqu'elles accomplissent
La crainte d'être insuffisant ne quitte jamais leurs tripes.
C'est une malédiction prolifique.
Une sorte d’épée à double tranchant.
Un super-carburant toxique qui les fait avancer à une vitesse inégalable (au risque de casser le moteur).
Dans le documentaire, on voit ce moteur tourner à plein régime pendant 40 ans de vie.
Jusqu’à cette phrase qui sort de la bouche d’Aznavour vers la fin en réponse à sa sœur qui lui dit de ralentir :
« Si je m'arrête, je suis mort. »
(il n’arrive même pas à appuyer sur pause à la mort de son fils)
Je ne peux pas penser à une phrase qui décrit plus la réalité de ces âmes qui arpentent mécaniquement le Purgatoire de l’Insuffisance.
Ce qui m’amène au sujet du jour.
Ce matin, j’ai envie de te poser une question que peu de gens se posent.
Une question inconfortable.
Peut-être la plus importante que l’on peut se poser avant de viser n'importe quel objectif :
Est-ce que je suis prêt à vivre le mode de vie que ce résultat exige ?
Pas le résultat, l'image ou le mythe.
Le quotidien réel que ça implique d'y arriver (et d'y rester).
Parce qu'on tombe tous dans le même piège — on voit :
- La scène
- L’audience
- L’expertise
- La reconnaissance
- Le chiffre d’affaires
Et on se dit : « Moi aussi je veux ça. »
Ce qu'on ne voit pas (et qu'on refuse souvent de regarder en face), c'est la route.
Prenons l’exemple du guitariste qui rêve de tourner dans le monde entier.
À quoi ça ressemble concrètement ?
10 ans dans sa chambre à apprendre des accords + 5 ans dans un van sans stabilité, sans argent, sans support ?
Et quand le succès arrive enfin ?
Une vie :
- D'aéroports
- Loin de sa famille
- Loin de ses amis
- Loin de ses racines
Est-ce que tu es prêt à accepter ce lifestyle ?
Ou est-ce que tu veux seulement l’image de rockstar ?
Si tu ne veux pas de la route, libère-toi du désir de la destination.
La réalité c’est que si tu désires quelque chose sans désirer ce que ça implique de vivre, tu te condamnes à la misère.
Parce que ce choix ne te laisse que 2 options :
- Soit tu n'y arrives pas et tu souffres de l'échec
- Soit tu y arrives et tu découvres que la vie que ça implique ne te convient pas
Dans les deux cas, t'as perdu.
Alors voici ce que je te propose de faire aujourd’hui :
Avant de te fixer un nouvel objectif, de lancer un nouveau projet ou de viser un nouveau palier, demande-toi :
Est-ce que je suis prêt à vivre le mode de vie que ce résultat exige ?
- Les sacrifices que ça demande
- Le quotidien que ça implique
- Le mode de vie que ça génère
Tu veux lancer une nouvelle offre ?
Très bien, mais est-ce que tu veux :
- Passer les 6 premiers mois à zéro client en doutant de tout
- Réécrire ta page de vente pour la 11ème fois à 23h
- Gérer les remboursements et les feedbacks qui font mal
- Les semaines où personne ne semble comprendre ce que tu fais
Tu veux atteindre 10k€ de CA mensuel ?
Très bien, mais est-ce que tu veux :
- Les lancements qui floppent sans prévenir
- Construire une audience pendant des mois avant qu'elle te rapporte un centime
- Les périodes de sécheresse où tu te demandes si t'as fait le bon choix
- L'incertitude permanente jusqu'à ce que le modèle soit vraiment stable
Tu veux transformer ton physique ?
Très bien, mais est-ce que tu veux :
- Te lever 4 fois par semaine pour soulever de la fonte quand t'as pas envie
- Refuser l'apéro du vendredi pendant plusieurs mois
- Progresser si lentement que tu te demandes si le miroir te ment
- Surveiller ce que tu manges alors que tout le monde autour de toi s'en fout
Tu veux une relation amoureuse profonde et alignée ?
Très bien, mais est-ce que tu veux :
- Le travail sur toi que ça exige en amont
- Les conversations difficiles que tu préférerais éviter
- Les compromis constants sur des choses qui te semblaient non-négociables
- Un miroir permanent qui te renvoie exactement ce que t'as pas envie de voir en toi
Tu veux voyager en liberté, travailler depuis n'importe où ?
Très bien, mais est-ce que tu veux :
- La solitude des espaces de coworking inconnus
- L'absence de routine stable pendant des mois
- Les amis qui finissent par moins appeler parce que t'es « toujours quelque part »
- La difficulté de construire une vraie communauté physique autour de toi
Chaque désir a un prix d'entrée.
Ce prix n’est pas payé en argent mais en vie.
La vraie question n'est jamais « est-ce que j'en suis capable ? » mais « est-ce que je suis prêt à vivre ce que ça coûte ? »
Si la réponse c'est non — ou même « je sais pas trop » — alors tu as le droit de te libérer du désir.
On confond trop souvent « renoncer à une vie qu'on ne voulait pas vraiment » avec « abandonner ses rêves. »
Ce sont des choses opposées.
Renoncer à ce qu'on ne veut pas, c'est faire de la place pour ce qu'on veut vraiment.
Je ne sais pas si Aznavour a eu une belle vie.
Je sais qu'il a eu une grande carrière.
La vraie question que je me pose c’est :
« Est-ce qu’il aurait accepté cette destination si on lui avait parlé du chemin ? »
Peut-être que oui, peut-être que non.
Ce que je sais par contre, c’est que quand il s’agit de belle vie ou de grand succès, beaucoup sacrifient la première en croyant courir vers la seconde.
Tout ça pourrait être évité avec une seule question :
Est-ce que je suis prêt à vivre le mode de vie que ce résultat exige ?
« Si tu ne veux pas vivre le mode de vie que ça implique, alors libère-toi du désir. Désirer le résultat sans vouloir le processus, c’est te garantir la déception. » — James Clear
Penses-y.
Je file, une grosse journée m'attend :
- 1H30 d'entrainement
- 2H de Deepwork
- Coiffeur
- 2H de Deepwork avec un pote
- Soirée burger/Super Smash Bros
Évidemment, full focus Projet K™.
Feu.
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𝐓𝐮 𝐚𝐬 𝐚𝐢𝐦𝐞́ 𝐜𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐭 ? 𝐉'𝐞𝐧 𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐬 𝟑/𝐬𝐞𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐦𝐚 𝐧𝐞𝐰𝐬𝐥𝐞𝐭𝐭𝐞𝐫.
𝐂𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐢𝐜𝐢 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐣𝐨𝐢𝐧𝐝𝐫𝐞 (& 𝐫𝐞𝐜̧𝐨𝐢𝐭 𝐭𝐨𝐧 𝐊𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐏𝐞𝐫𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐨𝐟𝐟𝐞𝐫𝐭)