Le QI chute
Flashback automne 2025.
Un professeur de psychologie norvégien nommé Lars Dehli reçoit une invitation à donner une conférence sur l'intelligence.
Comme ça fait un moment qu'il n'a pas enseigné le sujet, il décide de se replonger dans les données pour construire un graphique propre et actualisé.
(histoire de montrer quelque chose de stimulant à ses étudiants)
Comme il l'explique dans un essai, il avait prévu de commencer sa conférence avec l'Effet Flynn.
Késako me diras-tu.
C'est un phénomène documenté par James Flynn selon lequel les scores de QI mesurés n'avaient cessé de grimper depuis la Seconde Guerre Mondiale, génération après génération.
Il écrit :
« C'est toujours plaisant de dire aux étudiants que leur génération est la plus intelligente qui ait jamais existé »
Sauf qu'en actualisant ses données, il tombe sur quelque chose d'inattendu (et profondément déprimant) :
Le QI a en réalité commencé à chuter.
Dehli n'est pas le premier à remarquer ce déclin.
Ces dernières années, un nombre croissant de chercheurs documente ce qu'on appelle désormais le Reverse Flynn Effect.
Un article publié dans la revue Intelligence a notamment analysé l'évolution des scores de QI dans une population américaine.
Résultat : un déclin régulier dans presque tous les indicateurs mesurés dans le cadre d'une évaluation de 35 items.
Et ce recul touche tous les niveaux d'éducation.
Ce qui me fume dans ces données, c'est pas la tendance générale.
C'est le détail.
Le groupe qui enregistre les déclins les plus marqués, c'est celui des 18-22 ans.
Autrement dit, les plus gros consommateurs d'écrans de la planète.
Et le moment où la courbe commence à s'inverser ?
Aux alentours de 2010.
L'année où le smartphone est passé de gadget pour early adopters à extension corporelle de l'espèce humaine.
Alors, évidemment, les causes du Reverse Flynn Effect ne font pas encore consensus dans la communauté scientifique.
Mais lors d'une récente apparition en podcast, James Marriott — critique et chroniqueur pour The Times of London — a formulé une hypothèse qui prend de plus en plus de poids :
À mesure qu'on délaisse les médias imprimés au profit des supports numériques, notre capacité à penser en profondeur se dégrade.
Voici comment il l'explique :
« L'écrit nous oblige à construire un argumentaire logique sur un sujet. Une des caractéristiques vraiment déterminantes du livre, c'est que si tu défends une thèse à l'écrit, tu dois la faire tenir logiquement. Tu ne peux pas juste asserter des choses comme tu peux le faire sur TikTok ou YouTube. L'imprimé privilégie toute une façon de penser et de traiter le monde — logique, plus rationnelle, plus dense informationnellement, plus intellectuellement exigeante. Si on perd ça dans notre culture, ce qui est en train de se passer à mon avis, ce n'est pas surprenant que les gens deviennent plus bêtes… et que le QI semble décliner. »
Aïe.
Dans mon Bilan 2024, j'ai écrit quelque chose qui résonne bien avec ça :
« La technologie atrophie la partie qu'elle amplifie. »
Quand j'étais gamin, je connaissais des dizaines de numéros de téléphone par cœur.
Aujourd'hui, j'en connais peut-être deux.
Mon répertoire pense à ma place et mon cerveau a simplement arrêté de s'entraîner sur ce point.
Bonne chose ou pas, là n'est pas la question.
Les faits sont là :
Use it or lose it.
L'intelligence, c'est pareil.
Un cerveau qui :
- Ne lit plus rien de dense…
- Ne tient plus de fil argumentatif sur la durée…
- N'est plus jamais confronté à des idées qui résistent et demandent un effort pour être comprises…
… Ce cerveau s'adapte.
Il devient efficace dans ce qu'on lui demande.
Et progressivement incapable de ce qu'on ne lui demande plus.
On s'est tous déjà dit en riant :
« Putain, mon téléphone me rend con. »
Une façon autodérisoire d'admettre qu'on passe trop de temps à scroller au lieu de faire quelque chose d'utile.
Mais si ces interprétations technologiques du Reverse Flynn Effect se confirment…
il se pourrait que cette blague soit bien plus littérale qu'on ne l'avait imaginé la Tribu.
C'est pour ça que la Souveraineté Cognitive n'est pas un concept optionnel dans la philosophie de la TDS.
C'est un pilier.
Un Starter utilise les outils pour amplifier sa capacité d'action.
Pas pour remplacer sa capacité de pensée.
La différence est fondamentale.
Et dans un monde où chaque format se compresse, où chaque contenu se raccourcit, où chaque algorithme t'entraîne à zapper dès que c'est difficile — résister à cette dérive devient un acte de rébellion stratégique.
Bref, une rapide vague matinale pour, au final, ne partager qu'un seul message de fond :
Ne laisse pas tes outils décider du niveau de profondeur auquel tu es capable de penser.
Et pour ça, commence par définir ta Hiérarchie de Contenu.
Je file la Tribu.
J'ai écrit cette vague hier soir et je m'apprête à exploser mon crâne avec un magnifique coucher de soleil sur fond de montagnes qui s'échouent dans l'océan.
Cette vie ou rien.
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𝐓𝐮 𝐚𝐬 𝐚𝐢𝐦𝐞́ 𝐜𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐭 ? 𝐉'𝐞𝐧 𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐬 𝟑/𝐬𝐞𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐦𝐚 𝐧𝐞𝐰𝐬𝐥𝐞𝐭𝐭𝐞𝐫.
𝐂𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐢𝐜𝐢 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐣𝐨𝐢𝐧𝐝𝐫𝐞 (& 𝐫𝐞𝐜̧𝐨𝐢𝐭 𝐭𝐨𝐧 𝐊𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐏𝐞𝐫𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐨𝐟𝐟𝐞𝐫𝐭)