Les 4 Idoles
Si je te dis Arthur Books, ça te parle ?
Non ?
Professeur à Harvard Business School et auteur de plusieurs best-sellers ?
Non plus ?
Ok, retiens juste une chose : ce type est un crack en matière de Bonheur.
C’est même considéré comme une autorité dans le domaine.
En parcourant ses créations, je suis tombé sur un exercice terriblement puissant.
Le but de cet exercice est simple :
Prendre conscience de tes motivations sous-jacentes pour échapper à la quête sisyphéenne à laquelle tant de gens se livrent.
En français, comprendre ce après quoi tu cours inconsciemment chaque jour … mais que tu n’attendras jamais vraiment.
Dans cet article, je vais te présenter cet exercice puis te livrer mes propres résultats.
Le programme te plait ?
Top, alors suis-moi.
Le concept des 4 idoles est inspiré de Saint Thomas d’Aquin.
Dans sa Somme Théologique (rédigée au 13ème siècle) , il parle de "4 fausses idoles" :
- L’argent
- Le pouvoir
- Le plaisir
- La célébrité
Dans l’esprit d’Aquin, théologien catholique, la poursuite de ces idoles éloignait les gens de Dieu.
La version adaptée et non-religieuse de cette idée est la suivante :
Tout le monde est motivé par la poursuite d’une (ou plusieurs) de ces idoles.
- L’argent : la richesse financière et l’accumulation de ressources
- Le pouvoir : le contrôle sur les autres, la position dominante
- Le plaisir : se sentir bien
- La célébrité : obtenir l’admiration des autres, l’approbation et le respect de ses pairs
La plupart de nos décisions quotidiennes sont prises en fonction de l’adoration que nous portons à notre idole principale.
Le problème est le suivant : en nous efforçant de nous rapprocher de notre idole, on se retrouve dans une course sans fin pour en obtenir toujours plus …
En pensant à tort que cette course nous mènera à la terre promise du Bonheur.
La dure réalité est tout autre.
Comme le souligne David Foster Wallace dans son discours This is Water de 2005 :
Ce sont les choses que l’on vénère le plus qui nous conduiront à notre fin.
On vit notre propre existence en tant que Sisyphe.
On pousse un lourd rocher en haut d’une colline escarpée pour le voir retomber en bas, nous obligeant à recommencer notre effort.
Encore, et encore, et encore.
Le pire dans tout ça ?
90% des gens ignorent l’idole qu’ils adorent.
David Foster Wallace nous dit :
"Ce qui est insidieux dans ces formes d'adoration, ce n'est pas qu'elles soient mauvaises ou pécheresses, c'est qu'elles sont inconscientes. Ce sont des réglages par défaut. C'est le genre de culte dans lequel on glisse progressivement, jour après jour, en devenant de plus en plus sélectif sur ce que l'on voit et sur la façon dont on mesure la valeur, sans jamais être pleinement conscient de ce que l'on fait."
L’idée n’est donc pas de rejeter son idole ou de la diaboliser.
L’objectif est de développer une conscience de cette idole et de comprendre la séparation entre cette poursuite et ta quête permanente de Bonheur.
Comment on s’y prend ?
Via un process d’élimination.
Et ce process à 3 étapes qui augmente en difficulté :
- Parmi les 4 idoles (Argent, Pouvoir, Plaisir, Célébrité), laquelle n’est certainement pas la tienne ? Celle dont tu pourrais te débarrasser sans rien ressentir. Élimine-la.
- Parmi les 3 restantes, quelle est celle dont tu pourrais te passer ?
- Parmi les 2 restantes, l’une d’entre elles semble-t-elle plus importante en tant que motivation sous-jacente pour agir et vivre comme tu le fais ? Quand tu as pris des décisions importantes dans le passé, est-ce que l’une d’entre elles était plus motivée que l’autre ?
Bingo : je te présente ton idole principale.
Rappelle-toi, sois doux avec toi-même.
Ces idoles sont naturelles.
Et tout le monde les a.
Comme promis, voici mes résultats.
Quand j’ai fait l’exercice pour la première fois, j’ai été étonné de la facilité avec laquelle j’ai pu identifier le mien.
Je pense que ça vient du fait qu’il est directement lié à une blessure sur laquelle je travaille.
C’est pour ça que, paradoxalement, même si c’est mon idole principale, ce n’est pas quelque chose que l’on remarquera chez moi facilement aux premiers abords.
(étant donné que je combats cette tendance depuis quelques années maintenant)
Dans l’étape n°1, j’ai éliminé le Pouvoir.
Je ne tire aucune motivation du sentiment de pouvoir.
Et je ne pense pas que ça change de sitôt.
J’ai aucune envie d’être PDG, d’avoir une grande équipe ou de ressentir une quelconque accumulation de pouvoir.
Désintérêt total.
Dans l’étape n°2, j’ai éliminé le Plaisir.
Je ne suis pas motivé au quotidien par le fait de me sentir bien.
Il y a beaucoup de jours où je ne me sens pas spécialement bien mais où je continue à faire ce que je sais devoir faire.
Spoiler alert, je crois en la discipline.
C’est plutôt ça qui me motive au quotidien.
Cette élimination était donc encore une fois plutôt simple.
Dans l’étape n°3, j’ai éliminé l’Argent.
Soyons clairs : j’aime l’argent pour la liberté et la pluralité de choix qu’il m’offre.
Mais il me motive beaucoup moins que d’autres.
Je ne m’en sers pas comme un tableau des scores pour me positionner relativement.
Même si j’ai pour ambition d’en gagner beaucoup pour sécuriser mon lifestyle et celui de mes prochaines générations, ce n’est pas l’idole centrale de ma vie.
Mon idole est donc la Célébrité.
Mais alors là, attention.
Parce que "célébrité", ça veut tout et rien dire.
Je pense que tu le devineras, il n’est pas question ici de célébrité au premier sens du terme.
J’ai déjà eu l’occasion de t’en parler, mon mode de vie idéal est d’être anonyme.
J’ai pas envie d’être reconnu quand je foule ce monde.
Ce n’est même pas que ça me laisse indifférent.
C’est que j’en ai absolument pas envie.
Ça me fait chier, en clair.
La célébrité ici s’entend comme la motivation par l’appréciation des autres.
J’aime l’idée d’avoir un impact positif sur des millions de vies grâce à mon travail.
Le respect de mes pairs et des gens qui s’intéressent à mon taff est important pour moi.
Je dirais pas que cette issue a été une découverte pour moi.
Mais elle a été un beau rappel.
Celui de ne pas lier mon Bonheur à cette appréciation.
C’est OK de profiter de cette motivation.
C’est un carburant comme un autre.
Mais il fait un excellent esclave et un piètre maitre.
L’idée est de se débarrasser de la croyance selon laquelle plus je passerais des niveaux d’appréciation, plus je serai heureux.
C’est tout simplement faux — c’est plus une drogue qu’autre chose.
La réponse n’est pas là.
Et devine où elle est ?
Comme souvent, à l’intérieur.
À toi de jouer maintenant : bloque 15 minutes cette semaine pour faire cet exercice.
Tu te remercieras plus tard.
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𝐓𝐮 𝐚𝐬 𝐚𝐢𝐦𝐞́ 𝐜𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐭 ? 𝐉'𝐞𝐧 𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐬 𝟏/𝐣𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐦𝐚 𝐧𝐞𝐰𝐬𝐥𝐞𝐭𝐭𝐞𝐫. 𝐂𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐢𝐜𝐢 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐣𝐨𝐢𝐧𝐝𝐫𝐞 (& 𝐫𝐞𝐜̧𝐨𝐢𝐭 𝐭𝐨𝐧 𝐊𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐏𝐞𝐫𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐨𝐟𝐟𝐞𝐫𝐭)