1 pied en 2035, 1 pied en -300 av. JC
Cette semaine, j'ai créé 2 nouveaux agents.
Et concrètement, il me tarde de voir à quoi va ressembler mon quotidien après avoir livrer le Projet A™.
Parce que là je commence à avoir récupérer une sale quantité de temps.
Le premier agent est en charge des scripts du format lifestyle que j'ai commencé à faire sur Instagram.
Le second est en charge de la structure des formats face-cam short.
Je t'explique rapidement avant qu'on parle psychologie et philosophie.
Historiquement mon problème a toujours été le même :
Comme tous les humains qui adorent écrire du format long, je déteste écrire du format court.
Le souci c'est qu'on est plus en 2020.
Les gens prennent de moins en moins le temps, leur messagerie est de plus en plus saturé, le temps s'accélère, les dynamiques évoluent.
Et tôt ou tard, tu dois faire face à un constat :
Si tu veux continuer à agrandir les rangs de ta Tribu, tu dois te confronter à la réalité et développer la compétence du contenu court.
Sauf que moi, passer des heures à faire entrer un cercle (format long) dans un carré (format court), ça me casse allègrement les noix — et je reste poli.
J'ai testé pendant des mois.
C'était l'enfer.
J'ai arrêté.
Mais maintenant les choses ont changé
J'ai un nouveau système IA-native qui m'aide à piloter ma vie de A à Z donc je me suis dit : "pourquoi ne pas retenter ?".
J'ai donc appliqué la même méthode que pour mes autres agents :
- Cartographier le contenu qui décrit la meilleure façon de faire ce que je veux faire (ici, créer du contenu court performant)
- Créer un guide complet
- Faire créer une compétence à mon IA à partir de ce guide
- Lui expliquer que son rôle sera de transformer mon contenu long en contenu court
- Finito pipo
Moi, je peux me concentrer sur ce qui me fait vibrer (écrire, construire, développer des raisonnements, réfléchir — la compétence de singularité qui sera de plus en plus nécessaire dans cette ère IA).
Et l'IA s'occupe de tout le taff de robot.
Quand elle a terminé, j'applique mon "goût" final et j'obtiens un livrable en 10 minutes de temps de travail au lieu de 2H.
C'est le genre de truc dont tu ne peux mesurer la magnitude que si tu l'as fait à la main pendant des mois.
Moi je l'ai fait à la main.
À me prendre la tête pendant des mois sur un taff dont je me fous très sincèrement.
Et là, en quelques jours, je viens de basculer dans une autre ère.
L'IA qui t'abrutit en vampirisant tes tâches cognitives et ton essence individuelle te faisant régresser inévitablement vers la moyenne ? Non merci.
L'IA au service de ta vie et de ton message qui te libère de l'exécution pour te laisser te concentrer sur ta zone de génie et tout ce qui te fait vibrer ? Oui.
Tout ça m'a fait penser à un truc.
Je suis pas mal d'entrepreneurs de ma niche sur le marché français.
Et je vois un paquet d'entre eux être en train de payer (ou sur le point de payer) le prix de leur inertie.
Dans le world model que je suis est en train de construire pour la TDS, il y a déjà une section entière dédiée à ça :
L'état liquide.
La réinvention permanente.
La capacité à mourir et à renaître plusieurs fois — à actualiser son Tunnel de Réalité en continu pour rester adaptable.
Pas parce que c'est trendy et qu'on a envie de sauter sur la dernière techno à la mode mais parce qu'on a conscience que c'est la meilleure façon de composer avec des choses qui sont hors de notre contrôle.
Plus vite on s'adapte, mieux c'est.
Je pense que tout le monde comprend ça intuitivement.
C'est ni sorcier, ni novateur.
On peut donc se poser la question de pourquoi autant d'auteurs et de créateurs mettent du temps à s'adapter à l'IA ?
Là à nouveau je pourrais écrire une série de vagues sur le sujet.
(c'est déjà dans mon backlog, on décomposera toutes les résistances psychologiques liées, c'est fascinant — j'ai juste mis ça en pause pour me focus sur le Projet A™ pour le moment)
Parlons déjà de l'éléphant dans la pièce.
Pour certains créateurs, y'a une vraie raison :
Ils ont construit toute leur réputation sur un socle qui est aujourd'hui profondément incompatible avec la façon dont l'IA fonctionne.
(en clair, accepter le changement qui est en train d'arriver demanderait de revoir tout leur catalogue d'offres)
Il leur faut beaucoup plus de courage pour se repositionner que pour quelqu'un qui n'a rien à perdre et je comprends vraiment leur résistance.
Mais même à ces personnes-là, je dirais : "lâche tout, fais table rase, repars à zéro."
Déjà parce que "le darwinisme entrepreneurial".
Adapt or die, comme d'hab.
Ce n'est pas parce que tu résistes que tu seras épargné.
Quand un marché/une civilisation migre à l'ouest, rester à l'est ne changera pas le sens de cette migration.
Ensuite, par honnêteté intellectuelle et respect pour sa communauté.
Je sais de source assez sûr que certains créateurs prétendent à leur communauté que l'IA ne changera pas grand chose pour continuer leurs ventes (alors qu'ils savent que c'est faux).
Si tu veux mon avis, je pense que c'est la chose la plus "anti-communautaire" qu'il soit.
Et ensuite parce qu'on n'est pas sur une tendance.
Ça fait 10 ans que je suis obsédé par ces sujets...
6 ans que je les creuse dans la Tribu...
Et le changement de paradigme qu'on est en train de vivre dans la thématique productivité/croissance personnelle, il est sans précédent.
Chaque jour une nouvelle barrière s'effondre.
S'adapter, c'est rendre futur-résistant sa prochaine décennie.
Si on met de côté cette raison structurelle, je vois 2 raisons à une potentielle résistance.
Déjà, (1) une croyance liée à l'identité.
Notre identité ne veut pas bouger.
C'était le cas à chaque révolution et ce le sera encore pour celle-là.
L'humain hait le changement et c'est ce que j'observe aux détours de quelques conversations.
La plupart des gens sont en train d'essayer de préserver leur Tunnel de Réalité.
De poser des pansements sur des fractures qui vont de toute façon s'élargir.
Ils essaient de défendre un modèle qui craque, (auto-)persuadés qu'ils sont dans le vrai.
Et ça n'est pas entièrement leur faute.
Il y a aujourd'hui un vrai manque de narratifs positifs autour de l'IA aujourd'hui.
J'y reviendrai aussi dans une prochaine vague mais, en gros, il y a des raisons systémiques qui l'expliquent.
Entre les géants de l'IA qui crient à l'AGI pour accélérer les levées de fond dans un marché "winner takes all" et les médias qui surfent sur la peur et la panique pour vendre leur papier, on est en droit de se demander si l'IA n'est pas plus une malédiction pour l'humanité qu'une technologie qui ouvre nos horizons.
Tout le monde te parle des potentielles catastrophes mais personne ne te parle :
- …du gars en Chine qui est allé consulter pour une simple toux persistante, et dont l'IA a détecté une tumeur rare au pancréas (la même que Steve Jobs) à temps pour être opéré et reprendre une vie normale
- …d'une IA de la Mayo Clinic qui détecte le cancer du pancréas jusqu'à 3 ans avant qu'un diagnostic classique ne tombe (sachant que chaque mois de retard augmente la mortalité de 6 à 13%)
- …du fait que le délai moyen pour diagnostiquer une maladie rare est de 14 à 16 ans et qu'un système IA trouve maintenant le bon diagnostic en premier essai dans 57% des cas (mieux que des spécialistes)
- …d'une patiente qui doit littéralement sa vie à ChatGPT, qui l'a poussée à foncer aux urgences au lieu d'attendre, face à une maladie auto-immune rare
- …d'AlphaFold, qui a exploré la structure de 200 millions de protéines en 16 jours (soit l'équivalent d'un milliard d'années de recherche humaine condensées en deux semaines)
- …d'un modèle d'IA qui a exploré 46 milliards de molécules chimiques et vient de designer un nouvel antibiotique efficace contre le staphylocoque doré résistant (un des plus gros dangers sanitaires de la décennie)
- …d'un implant oculaire couplé à des lunettes IA qui a permis à 84% des participants d'un essai clinique de retrouver la capacité de lire, après avoir perdu la vue
- …de personnes paralysées qui tapent au clavier par la pensée, via une interface cerveau-machine, à 80% de la vitesse d'une personne valide
- …de lunettes IA qui permettent à un malvoyant de simplement demander « qu'est-ce qu'il y a sur ce menu » ou « qui est en face de moi » et d'obtenir la réponse à voix haute
- …de ce gars de 29 ans avec une boîte de nettoyage qui est passé de journées de 19h à 8h grâce à des agents IA (et qui vise 1,3M$ de chiffre d'affaires cette année)
- …de cette nana qui n'avait jamais monté de boîte, qui a utilisé l'IA pour apprendre seule la culture startup et lever des fonds — son entreprise de santé mentale pour enfants emploie aujourd'hui 16 personnes, d'après
- …de plusieurs entreprises qui ont démontré un gain net d'énergie en fusion nucléaire en 2026 avec les premières centrales commerciales déjà en construction (grâce à l'IA qui accélère les calculs de conception impossibles à faire à la main)
- …d'un consortium hospitalier français de dix centres qui a fait chuter le taux d'erreur dans les dossiers médicaux de 14% à 7% grâce à l'IA — et jusqu'à 4% avec un système hybride humain + IA
Je pense aussi à mon pote Benoit qui vient de faire économiser +200k€/an à un agriculteur du pays-basque en installant un système caméra + IA sur son tracteur.
C'est insane.
Mais personne n'en parle.
Donc : narratif pourri + identité scellée = on refuse de bouger.
Sauf qu'au moment où on bouge, on se rend compte que le narratif :
- N'était pas aussi manichéen qu'on voulait nous le faire croire
- Était porté par des gens qui ont intérêt à bloquer notre transition
Et que notre identité peut se repositionner beaucoup plus vite qu'on ne le pense.
Ensuite, (2) il y a les inquiétudes légitimes.
On ne peut pas dire que l'IA c'est tout blanc.
Y'a de vraies problématiques à adresser.
Des problématiques d'une importance critique qui méritent d'être plus largement relayées.
On les retrouve à un niveau individuelle avec, par exemple, la souveraineté cognitive.
À cette échelle, il y a tout un panel de solutions qui permettent de contourner cette problématique.
Quand on fait les choses en conscience, avec intentionnalité (le socle de tout ce qu'on fait dans la TDS), on trouve des solutions.
Puis on les retrouve à un niveau sociétal avec, par exemple, les implications anthropologiques, économiques et environnementales.
Ici, on est en dehors de notre zone de contrôle.
Ne nous nourrissons pas de l'illusion que rester dans le passé (aka. refuser l'IA) aura un quelconque effet sur la marche du monde.
La solution n'est pas de vivre reclus.
C'est d'épouser la transition tout en s'impliquant activement trouver des solutions à notre échelle (ou soutenir ceux qui sont en train de les trouver).
De mes observations, vivre en marge du monde n'a jamais réussi à aucun solopreneur, vivre avec son monde, si.
Personnellement, c'est ~ici que je me situe aujourd'hui.
Comme d'habitude, fidèle à notre essence identitaire :
On regarde les choses avec un regard nuancé, ni tout blanc, ni tout noir.
On fait un état des lieux le plus aseptisé émotionnellement possible en essayant de s'extirper de tous nos biais qui nous pousseraient à ~adopter en masse ou ~rejeter en masse.
Et, ensuite seulement, on décide de où placer nos cartes — en cohérence avec nos valeurs, notre philosophie et ce qu'on défend au plus profond de nous.
Pour moi, la solution n'est :
- Ni dans le techno-optimisme tête baissée ("c'est génial, fonce, tout va bien se passer")...
- Ni dans le techno-doomisme ("c'est mal, c'est trop risqué, on prend la 4ème blessure narcissique de l'humanité, tout est en danger")
On se situe entre les deux.
Si on enlève tout le packaging émotionnel, qu'est-ce qui reste ?
- Quels sont les bons points objectifs ?
- Quels sont les mauvais points objectifs ?
Réjouissons-nous des bons points.
Concentrons-nous sur comment condenser/contourner/prévenir les mauvais.
Si je fais rapidement l'exercice des points positifs à notre échelle de solopreneur, je vois :
- Rapidité d'exécution en hausse
- Volume horaire en baisse
- Qualité de ce qu'on produit en hausse
- Tâches qui nous cassent les bonbons qui disparaissent
- Temps passé dans notre zone de génie qui augmente
- Croissance professionnelle ET personnelle qui s'accélère
- Sensation de solitude du solopreneur qui s'évapore
Et probablement une ribambelle d'autres bénéfices qui ne me viennent pas à l'esprit à l'heure actuelle.
Si je fais rapidement l'exercice des points négatifs, je vois :
- La dette cognitive en hausse
- L'isolation cognitive et sociale
- La perte de souveraineté cognitive
- Le risque de régression vers la moyenne
Et probablement une ribambelle d'autres coûts qu'on découvrira au fur et à mesure.
(je consacrerai un module entier sur le sujet dans le futur programme/accompagnement)
Mais pour moi, la question n'est pas de l'évaluation pré-décision...
(je pèse le pour et le contre et je décide si j'y vais ou pas)
Refuser de s'adapter, c'est se condamner.
Pour moi la question est celle de la lucidité, l'intentionnalité et la conscience :
"Comment je peux utiliser cette évolution pour servir ma vie idéale tout en ayant conscience des dangers pour les adresser avec tout le sérieux qu'ils méritent".
Je sais plus où j'ai lu cette phrase.
Au détour d'un article de blog, je crois.
Ou dans une vidéo YouTube, peu importe.
En gros, l'auteur disait que la clé c'est de garder un pied dans le futur et un pied dans le passé.
J'adore cette image.
D'un côté, on veut avoir un pied dans le futur.
On veut se tenir au courant de l'évolution de nos sociétés, de ce qu'est dans l'ère du temps.
Cultiver notre capacité d'adaptation pour se transformer avec notre époque et éviter à tout prix de devenir un vieux grincheux nostalgique incapable de voir le yin dans le yang (ou l'inverse).
D'un autre côté, on veut garder un pied dans le passé.
Rester connecté à tout ce corpus de philosophes qui ont foulé le sol de cette terre pendant des milliers d'années — accumulant des leçons qui n'auront jamais été aussi précieuses que dans la période dans laquelle on entre.
S'armer de la sagesse des civilisations qui ont évolué sans/avec peu de techno pour l'appliquer à notre civilisation qui baigne dedans.
Rappelons-nous que "une civilisation qui crée beaucoup de connaissances et peu de sagesse est vouée à l'extinction" (Isaac Asimov).
Et pour ça, on en revient à la vague de vendredi dernier sur la Diète de Contenu.
(Philosophie + IA pourrait être 2 piliers intéressants à intégrer)
En tant que Pirates et Explorateurs, je pense que le rôle du Starter est de s'infuser dans les nouvelles tendances.
De ne pas rester sur le bord, en mode sceptique, à attendre que toute la société ait sauté dans le train pour réaliser 2, 3, 4 ans plus tard que toute cette résistance n'était que de la résistance de l'ego qui nous a fait passer à côté de quelque chose qui aurait profondément transformé nos vies.
De se jeter dedans, pleinement et totalement puis, seulement ensuite, passer tout ce qu'on a découvrir au crible de nos valeurs et notre modèle du monde.
Ne pas rejeter en bloc ce qu'on ne connait pas sous emprise de la peur mais explorer avec positivité avant de trancher avec lucidité.
Nuance, curiosité & alignement.
3 obsessions qui sont au cœur de l'ADN du Starter.
Bref, je file prendre mon premier café du matin.
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𝐓𝐮 𝐚𝐬 𝐚𝐢𝐦𝐞́ 𝐜𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐭 ? 𝐉'𝐞𝐧 𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐬 𝟑/𝐬𝐞𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐦𝐚 𝐧𝐞𝐰𝐬𝐥𝐞𝐭𝐭𝐞𝐫.
𝐂𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐢𝐜𝐢 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐣𝐨𝐢𝐧𝐝𝐫𝐞 (& 𝐫𝐞𝐜̧𝐨𝐢𝐭 𝐭𝐨𝐧 𝐊𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐏𝐞𝐫𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐨𝐟𝐟𝐞𝐫𝐭)